Descriptif
La France et l'ONU depuis 1945 est un ouvrage historique et géopolitique de référence dirigé par le diplomate français André Lewin, publié en 1995 aux éditions Arléa-Corlet. Ce livre collectif, préfacé par Alain Juppé, dresse le bilan des cinquante premières années de relations complexes entre la France et l'Organisation des Nations Unies.
Voici la synthèse des grandes thématiques et des dynamiques historiques analysées dans cet ouvrage et à travers les travaux d'André Lewin sur le sujet.
1. La reconquête du statut de grande puissance (1945)
- L'exclusion initiale : La France de 1944 est initialement écartée des grandes conférences préparatoires de l'ONU, notamment celle de Dumbarton Oaks.
- Le siège permanent : Grâce à l'action obstinée du Général de Gaulle et au soutien stratégique de Winston Churchill, la France intègre finalement le Conseil de sécurité. Elle devient l'un des cinq membres permanents dotés du droit de veto lors de la conférence de San Francisco en 1945.
2. La période des tensions : Décolonisation et Guerre froide
- Le malaise colonial : Durant les années 1950 et 1960, la position de la France à l'ONU est inconfortable. L'organisation devient une tribune pour les pays du tiers-monde qui condamnent la politique française en Indochine, à Madagascar et surtout durant la guerre d'Algérie.
- La méfiance gaullienne : De retour au pouvoir, de Gaulle qualifie l'ONU de « machin ». Il refuse que l'organisation s'ingère dans les affaires intérieures françaises ou dicte sa politique étrangère.
3. Le renouveau du multilatéralisme (Après 1990)
- La fin du blocage de la Guerre froide : Avec la chute de l'URSS, l'ONU retrouve une capacité d'action. La France s'impose alors comme un pilier du multilatéralisme.
- Les opérations de maintien de la paix : La France participe activement aux résolutions et déploie massivement ses forces sous l'égide des Nations Unies (notamment dans les Balkans, en Afrique et au Moyen-Orient).
4. La position de la France à l'ONU
L'ouvrage met en avant les spécificités de la diplomatie française :
- Un usage modéré du veto : Contrairement aux États-Unis ou à la Russie, la France utilise très peu son droit de veto depuis la fin de la Guerre froide. Elle propose même d'en encadrer l'usage en cas d'atrocités de masse.
- Un pont diplomatique : Elle utilise son siège pour affirmer une voix indépendante (comme l'illustrera plus tard son refus de la guerre d'Irak en 2003) et pour défendre la francophonie et le droit international
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