Râches

Un tel site ne peut avoir qu’une longue histoire. La route de Tournai à Douai passant par-là semble signifier un passage dès l’Antiquité. Le château qui défend le pont montre toute l’importance de celui-ci. Pierre Feuchèrea écrit que Râches a été le siège éphémère d’une châtellenie comtale. En 1244, les habitants de Râches bénéficient d’une part important du Marais des Six-Villes octroyée par la comtesse Marguerite de Dampierre, sœur de Jeanne de Flandre. Cette dame qui areçu en apanage la toute nouvelle châtellenie d’Orchies achète une terre pour l’abbaye qu’elle a fondée à Flines. En 1297, Philippe le Bel qui part de Douai pour aller assiéger Lille doit s’emparer du passage par la force et il y perd beaucoup de soldats. Pour se venger peut-être, il brûle le pont après y être passé! Philippe le Bon, en 1464, érige la terre de Râches en haute justice au profit de son conseiller et chambellan, Gilles de Rouvroy, dit de Saint-Simon. Ce grand personnage devient seigneur de Râches, Châtelain d’Orchies et bailli de Senlis. En 1513, Guillaume de Saint-Simon, seigneur du lieu, permet aux religieuses cisterciennes, dites les Dames de Flines, de détourner vers l’abbaye la rivière du Boulenrieu qui se jetait jusque-là dans la Scarpe, un peu en amont du pont. En 1665, le roi d’Espagne veut récompenser Eugène de Berghes dont la famille possède Râches depuis 1593. Il érige la terre en comté. Maître de camp d’Infanterie Wallonne, ce dernier reçoit une terre proche de Namur (B), appelée Zetru, qui est érigée en principauté sous le nom de Râches. Et il est ensuite fait chevalier de la Toison d’or en 1687. Entre temps, la région est devenue française et Louis XIV traverse Râches en allant de Douai à Saint-Amand le 21 avril 1676. Et, fait assez rare, en avril 1701, le Roi-Soleil érige la terre de Râches en principauté en faveur du fils d’Eugène, Philippe-Ignace de Berghes. Le transport et le négoce du sable très abondant dans le secteur donne des ressources au village. On y trouvera aussi des briqueteries et des tuileries. Cette activité sera reprise au XIXe siècle par la famille Denisse qui rebâtit l’usine, l’agrandit, y ajoute un château. On trouve au cimetière les tombes de Ferdinand Denisse, décédé le 13 mai 1862, de Hyacinthe qui sera maire de la commune, décédé le 30 août 1864 et de Joseph, mort le 11 décembre 1865. Cette entreprise importante sera agrandie en 1901 avec une nouvelle cheminée, et en 1913 devient la S.A. de tuileries et de briqueteries mécaniques du Pont de Râches.Puis ontrouve au même emplacement la Briqueterie-tuilerie-usine céramique de Râches, La Société Bar Frères, puis Poteries de Râches. Une grande partie des bâtiments existe encore. Plus récemment, après la Grande guerre, les Brasseries Lespagnol, qui ont eu leurs installations détruites à Flines, s’installent à Râches en 1925. D’abord appelée Brasserie-malterie Lespagnol Louis et Frères, la brasserie devient ensuite la Grande Brasserie-malterie de Râches. Il y est adjoint une section de vins et de liqueurs. Ses activités cessent à la fin des années 70. Un centre commercial occupe un temps les lieux qui sont finalement détruits en 1994. Enfin, près de ce qui était le jardin du château, s’est installée en 1935 une usine d’émaillerie dirigée par la famille Cornet.C’est devenu un magasin de vêtements.

De nos jours sont en activité des entreprises de mécanique, de chaudronnerie, de ferronnerie. Et aussi une fabrique de poteries décoratives et d’objets de jardins en pierre reconstituée.

Alain PLATEAUX

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