L'Aisne

L’Histoire du département de l’Aisne occupe une place centrale dans l’Histoire de France. C’est en 51 avant notre ère que Jules César écrase définitivement la rébellion des peuples de Gaule Belgique (Bellovaques, Suessonies...), marquant l’avènement de la « Gaule romaine ».
Cinq siècles plus tard, en 486, c’est à Soissons que Clovis, roi des Francs, défait les légions de Syagrius, un général romain qui avait établi sa domination sur le nord de la Gaule à la faveur de l’effondrement de l’Empire d’Occident.
Clovis établit sa capitale à Soissons ; son fils, Clotaire, s’installera à Braine. L’époque mérovingienne, du nom de la dynastie des descendants de Clovis, est marquée par les conflits entre les royaumes francs de Neustrie et d’Austrasie (incarnées par la
rivalité légendaire entre Frédégonde et Brunehilde).
En 751, Pépin le Bref, maire du palais d’Austrasie, est nommé roi de tous les Francs. Son fils cadet, le futur empereur Charlemagne, lui succède : il est couronné à Corbeny.
En 843, l’empire carolingien est partagé en trois royaumes dont le plus occidental, la Francia occidentalis, est appelé à devenir la France moderne. En butte aux raids normands et aux révoltes chroniques de leurs vassaux, les derniers rois carolingiens ont leur capitale à Soissons ou à Laon.
En 987, la mort de Louis V permet le couronnement d’Hugues Capet, qui est sacré à Noyon (Oise). Les intrigues d’Adalbéron, évêque de Laon, l’aideront à consolider son pouvoir contre Charles de Lorraine, le dernier carolingien, qu’il renverse en 991. L’avènement de la dynastie capétienne s’accompagne du déplacement durable du siège du pouvoir à Paris.
Les villes de Laon et Soissons perdent ainsi leur position de cœur du pouvoir, et si le Soissonnais fait très tôt parti du domaine royal, le nord du département est sous l’autorité effective de grands féodaux (ducs de Champagne, de Guise et de Vermandois, sire de Coucy...) souvent indifférents ou rebelles à la suzeraineté des rois de France.
Au Moyen Âge, la ville de Laon n’en conserve pas moins une influence importante, bénéficiant de son statut d’évêché et de sa position de centre universitaire de l’Occident chrétien. L’illustre théologien Anselme de Laon y fut maître des Ecoles de 1090 à 1117.
Ralliée à la Ligue catholique à la fin du XVIème siècle, la montagne couronnée est prise par Henri IV, qui y fait construire une citadelle en 1595 afin d’en maintenir les habitants sous surveillance. À cette époque, le nord de l’Aisne pâtit de la rivalité entre les rois de France et d’Espagne, qui menacent Paris depuis leurs possessions des Pays-Bas.
L’année 1790 voit la création des premiers départements : l’Aisne se donne Laon pour chef-lieu, qui perd son statut d’évêché au profit de Soissons. C’est donc à Laon que s’établira la préfecture en 1800.

L’Histoire du jeune département est marquée par les conflits des XIXème et XXème siècles, qui en font l’un des principaux champs de bataille d’Europe.
En 1814, les batailles de Craonne et de Laon furent les derniers faits d’armes de Napoléon avant son premier exil sur l’île d’Elbe.
En 1870, de durs combats ont lieu sur l’Aisne (bataille de Pommiers, 8 octobre 1870 ; prise de Soissons, 16 octobre 1870) et à Saint-Quentin, qui, défendue par le général Faidherbe, résiste à l’envahisseur du 8 octobre 1870 au 19 janvier 1871.
Durant toute la Première Guerre mondiale, l’Aisne est coupée par la ligne de front. Le « Chemin des Dames » entre Laon et Soissons et qui doit son nom à sa fréquentation par les filles de Louis XV, est le théâtre d’une bataille meurtrière (350 000 pertes) qui s’éternise d’avril à octobre 1917, sans avancée majeure pour l’un ou l’autre camp.
La rapidité de la défaite française de 1940 ne doit pas faire oublier les violents combats qui se déroulèrent à cette occasion dans le département. Le 17 mai 1940, la 4ème division cuirassée du colonel Charles de Gaulle parvient à freiner l’avancée allemande à Montcornet ; entre le 5 et le 8 juin, l’infanterie allemande subit de lourdes pertes en franchissant l’Ailette.
L’après-guerre est marqué par une croissance économique très rapide du département.
L’agriculture, restée essentiellement traditionnelle et vivrière, prend le tournant de la mécanisation et du productivisme en même temps que se développe une industrie agroalimentaire puissante, incarnée par le développement de l’industrie sucrière, implantée dans l’Aisne depuis le début du XIXème siècle. Le textile connaît également une ascension foudroyante, notamment à Saint-Quentin,
qui en tirait déjà sa richesse avant la Première Guerre mondiale. Enfin, de nombreuses entreprises des industries automobile, métallurgique, mécanique et chimique s’établissent dans le département.
Le développement de la concurrence internationale et les crises des années 1970-1980 freinent cette rapide industrialisation. Si l’industrie agroalimentaire se maintient, le textile, notamment, disparaît presqu’entièrement en l’espace d’une vingtaine d’années. Comme dans les autres bassins industriels du Nord et de l’Est de la France, une réorientation industrielle s’engage.
En ce début de XXIème siècle, le département de l’Aisne peut ompter sur ses atouts historiques (industrie, artisanat et agriculture) ainsi que sur le développement du secteur tertiaire, notamment du tourisme.


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