Jean-Pierre Tusseau Raoul de Cambrai 1999 - Cambrai

Ecole des Loisirs
Bon état

3,00 €

Disponible

Ajouter au panier

Descriptif

Un héros maudit et une chanson de geste très réaliste sur les ravages de la guerre

« Jamais récit ne fut aussi insoutenable », prévient le jongleur avant de nous conter la bataille d’Origny. Effectivement, la violence de Raoul de Cambrai peut heurter le lecteur moderne, habitué à une vision idéalisée du Moyen Âge. Cette chanson de geste n’est cependant pas un hymne à la violence. Elle nous rappelle la difficulté d’être un homme de paix sans manquer à l’honneur et aux obligations du monde féodal.

Raoul de Cambrai, impitoyable et tendre, criminel et victime, est l’ancêtre de Robert d’Artois, personnage central des Rois maudits de Maurice Druon. Tous deux mettent l’Artois à feu et à sang afin de reconquérir un fief dont on les a dépossédés et déclenchent une guerre qui se transmet à la génération suivante.

Le jongleur Bertolai était présent sur le champ de bataille, il a entendu le choc des armes et recueilli les cris des vaincus.

Dans un article intitulé « Traduire et abréger les textes du Moyen Âge à l’intention des jeunes lecteurs : contraintes et limites de l’exercice » (Médiévalités enfantines, Presses universitaires de Franche-Comté, 2011, Jean-Pierre Tusseau revient sur ce texte :

« Ce récit très moderne exprime la revendication d’un destin individuel, que Raoul refuse de sacrifier au destin collectif. Si le pouvoir est injuste, la révolte est justifiée. Ce sont certaines valeurs féodales qui engendrent la guerre et qui interdisent la paix chaque fois qu’elle pourrait être possible. Raoul exprime les catastrophes provoquées par un pouvoir politique qui refuse de se remettre en question, par l’application d’un système à la lettre et sans esprit critique. On peut réagir par la révolte individuelle (Raoul), vouée à l’échec, ou passer par la révolte collective (celle des familles de Raoul et Bernier contre Gibouin et le roi) qui peut aboutir à une forme de révolution (renversement du pouvoir ou modification du système). […]

Un autre aspect m’a beaucoup marqué : c’est le nombre de gros plans non pas sur la violence mais sur les effets de la violence et la douleur individuelle. L’horreur de la guerre n’est pas abstraite dans Raoul. Le dénombrement des morts, qu’il y en ait cent ou dix mille, reste du domaine de la statistique, mais le spectacle d’un chevalier blessé qui regarde à terre son poing encore agrippé aux énarmes du bouclier fait froid dans le dos !

J’ai aussi été particulièrement sensible, en lisant ce texte, à la présence dense et attachante de deux figures féminines : présence grave de la mère, dame Alaïs, qui tente de dissuader son fils de se lancer dans une opération qu’elle sait vouée à l’échec, et intervention touchante et pleine de grandeur de la fiancée, Héloïse, qui prend en charge l’ordonnancement des funérailles de Raoul. C’est un exemple rare dans les chansons de geste. »

Les avis sur le produit Jean-Pierre Tusseau

Vendez vos livres

En savoir plus
Accepter